Khawater : Dortoir ou réfectoire ? A toi de voir_5

D’un cœur LMR, le mercredi 23 avril 2014

 

Dortoir ou réfectoire ? A toi de voir.

 

Episode 5 :

 

Et là, on attaque le pendant.

Et là, tu passe à la vitesse supersonique.

Une question avant de commencer : pourquoi on n’a jamais contacté les gars du Guinness Records ?

Une omission ou une erreur ? Dans tous les cas, on a raté de multiples occasions pour inscrire le LMR dans cette prestigieuse institution. Tu te rends compte, faire bouffer leur petit-déjeuner à près de 660 personnes en moins de, vas y, moins de cinq à dix minutes. N’y a-t-il pas là matière à record. Attends, nous on ne s’entrainait pas pour, c’était la routine. Un repas et puis s’en va. Imagines si…

C’était ça le génie du réfectoire. Tu mettais toute ton énergie pour y aller, à croire que tu voulais y habiter, mais dès que les petits pains sont répartis, le légendaire verre Duralex décidait de ton sort matinal et tu es là avec Ta Part. Après, sans réfléchir ni comprendre, l’automate en toi reprenait du service. Et je te beurre le pain comme je veux, et je mets de la confiture comme je peux, de café et lait je me fais un crémeux, et le tout est prêt pour une dégustation en feu. Quelques secondes plus tard, tu reviens à la vitesse normale et tu te rends compte que tes copains de table sont là. Depuis quand déjà ? Encore deux ou trois tentatives pour avoir un plus à se mettre sous la dent, mais là c’était se risquer dans la fosse aux lions. On t’aurait sauté à la gorge si tu pensais pouvoir grappiller une miette. Conséquence, tu es déjà dehors à la recherche d’une idiotie pour démarrer ta journée.

Oui. Là tu as raison, je te l’accorde. C’est trop imagée, car on prenait le temps de tous nous asseoir en même temps, nous tenir la main avant de commencer, réciter la sourate de la fatiha et prendre soin de partager notre pitance dans le plus grand esprit de partage, d’égalité et de solidarité. Après on sortait nos serviettes (avais-je mentionné auparavant qu’on avait également droit à des serviettes dans notre paquetage ? On s’en fiche, car tu t’en rappelles ou alors, tu viens de le savoir), on les mettait sur nos genoux tout en évitant de nous accouder, voire nous affaler sur la table, et ce n’est qu’alors qu’on commençait notre petit déjeuner. Bien sur il régnait un silence humain digne pendant le repas, et chacun, la bouche bien fermée, prenait soin de bien mâcher sa nourriture avant de l’avaler. Le tout était adoucie par une mélodie relaxante afin de permettre, tout à la fois, à l’esprit et au corps de savourer ce moment de plaisir. That was our breakfast in the First Royal Military School of Kenitra.

On était bien au Premier Lycée Militaire de Kénitra, on était en plein centre de la base américaine à l’époque. De là à croire qu’on avait la faculté de pouvoir assimiler les rudiments d’une telle discipline et organisation, il y a tout un monde. Les pauvres, quand je pense à leurs déception et désarroi, pour rien au monde je ne voudrais être à leur place.

Evidemment que tu as su, c’est de M. Arrou et Cie que je parle.

Calé. C’est trop dire mais enfin, on était quelque peu calé, l’estomac va arrêter de nous faire des misères pour un moment, le temps de reprendre ses gargantuesques gargouillis. Alors, tu sors en courant comme une fusée, accélérant encore plus le moment de reprise de la faim, car brûlant toujours comme une fusée les misérables calories supposées te faire tenir jusqu’au déjeuner. C’était sans compter sur la jeunesse, la fougue, le métabolisme, la croissance, la frustration… T’étais pas encore arrivé vers les classes que le petit-déjeuner commençait déjà à faire partie des souvenirs lointains. L’humeur retombe. C’est mauvais signe. Elle ne retombe pas parce que tu ne veux pas aller en classe, mais c’est parce tu te sens déjà moins calé.

Peut être une cigarette va arranger ça…… (A suivre).

 

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